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 La colère des labos

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Nicolas



Nombre de messages : 165
Date d'inscription : 05/12/2007

MessageSujet: La colère des labos   Lun 27 Avr - 0:57

Citation :
La colère des labos

Par Daniel Steinmetz, secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique CGT.

Les personnels des laboratoires de recherche sont partie prenante de la grande colère qui secoue l’université française depuis maintenant plus de trois mois. L’entreprise de déréglementation que met en oeuvre le gouvernement touche les organismes de recherche, CNRS, INSERM, INRA, etc., au même titre qu’elle touche les universités.

Le gouvernement a abandonné toute volonté de contraindre les entreprises à développer une réelle recherche industrielle. Le crédit d’impôt-recherche, prétendument conçu pour inciter les entreprises à investir dans la recherche, ne se résume qu’à un cadeau fiscal de plus, dont le montant a augmenté considérablement, pour atteindre près de 3,8 milliards d’euros, soit autant que la subvention publique cumulée du CNRS, de l’INSERM et de l’INRA. Prenant acte de l’insuffisance de l’effort du secteur privé, le gouvernement demande de plus en plus à la recherche publique de se substituer à lui. C’est le discours officiel de Sarkozy, qui veut privilégier l’innovation au détriment de la recherche fondamentale. Cela veut dire tailler à la hache dans toutes les recherches présumées non rentables, même si elles font avancer le front de la connaissance.

Pour cela, il faut casser le système, briser toutes les velléités de liberté de recherche fondamentale. Pour assurer le contrôle de la recherche et de l’enseignement supérieur, les forces du capital et l’État en modifient les financements, l’organisation et le statut des personnels.

La mise sous tutelle de la recherche a commencé en 2005 avec le pacte pour la recherche. Avec la création de l’Agence nationale pour la recherche et de l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, l’État a marginalisé les organismes de recherche en s’assurant la maîtrise des programmes de recherche et en décidant de la vie et de la mort des laboratoires selon des critères non scientifiques. La suite du processus a été la mise en place de la LRU, qui transforme les universités en entités autonomes du seul point de vue de la gestion, mais concurrentes entre elles. L’articulation du pacte pour la recherche et de la LRU reconstruit le paysage scientifique national. L’opération « Campus » sépare les universités en deux catégories : une douzaine d’universités de prestige dédiées à la recherche et préparant les étudiants de la licence au doctorat, et les universités généralistes s’arrêtant à la licence. Ces campus associent sur un site géographique les universités et des laboratoires d’organismes de recherche. La création de chaque campus a été déterminée aussi par l’environnement économique régional. Le contenu des programmes de recherche et les enseignements menés sur ces campus dépendront des entreprises régionales bâilleuses de fonds. La recherche de niveau international sera concentrée dans les campus, les autres universités se contenteront de « niches de spécialité scientifiques ». Mais pour contraindre les personnels à travailler sur les objectifs définis par le patronat et le pouvoir, il faut en finir avec le statut de fonctionnaire d’État qui autorise une certaine autonomie. D’où le transfert des postes de fonctionnaires vers les universités, la généralisation des contrats précaires qui fragilisent les personnels et la mise en place du salaire différencié avec prime sur objectifs. Ainsi, les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche sont comme tous les salariés confrontés à l’autoritarisme, à la déqualification du travail et au gâchis des compétences.

C’est contre cette politique que luttent actuellement les personnels. Ils exigent l’abrogation de la LRU et du pacte pour la recherche, l’arrêt du démantèlement des organismes de recherche, la suppression des agences gouvernementales ANR, AERES, la restitution des postes supprimés en 2009 dans les organismes de recherche et les universités. La résorption des emplois précaires nécessite un plan d’intégration en utilisant notamment les crédits de l’ANR, qui servent actuellement à payer près de 7 000 CDD. Il faut offrir des débouchés aux jeunes diplômés. C’est notamment autour de la revendication d’un plan pluriannuel de création de postes de titulaires (évalué à 5 000 par an) que se fait l’unité syndicale.

Les personnels exigent de la ministre l’ouverture de négociation sur l’ensemble du contentieux revendicatif. Il faut qu’elle se débouche les oreilles et entende notre colère.
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