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 Québec, France, Suisse

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Nicolas



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MessageSujet: Québec, France, Suisse   Dim 9 Déc - 22:13

http://www.alternatives.ca/article3143.html
Analphabétisme


Les geôles de l’ignorance

Gilles MCMILLAN – 30 novembre 2007


Dans la société québécoise post-Révolution tranquille, on croit que l’analphabétisme est de l’histoire ancienne. Toutefois, les résultats de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA, 2003) tendent à prouver le contraire : 49 % des Québécois âgés de 16 à 65 ans éprouvent de telles difficultés à lire qu’ils fonctionneraient mal dans notre société dite du savoir et de l’information. En tenant compte de la population au-delà de 65 ans, le pourcentage grimpe à 55 %. Le résultat obtenu par les 16-35 ans est le plus faible de tous les pays participant à l’enquête.


Le Québec présente des résultats en deçà des autres provinces canadiennes, mais légèrement au-dessus des États-Unis et de l’Italie, par exemple. Peut-on s’en réjouir ? Pas sûr. Le résultat obtenu par les francophones, supérieur à celui des Autochtones et de certains groupes d’immigrants - les plus acculturés d’entre eux -, est partout inférieur à la moyenne canadienne, y compris au Québec.

Moins futés, les francophones du Québec ? Non, mais nettement moins scolarisés, plus pauvres qu’on aime le croire, et découragés par la culture ambiante à étudier ou à poursuivre une formation. Dans notre société livrée à l’économie de marché, culture et industrie du divertissement sont de plus en plus confondues. Cette idéologie méprise l’éducation, produit de l’ignorance et croit en tirer profit.

Mehran Ebrahimi, professeur au Département de management et de technologie de
l’UQAM, spécialisé en études comparées des systèmes d’éducation dans le monde, s’intéresse de près à toutes ces questions. Ex vice-président de la Fondation pour l’alphabétisation, il a notamment dirigé un ouvrage réunissant plusieurs spécialistes sur le sujet, La mondialisation de l’ignorance (2000), préfacé par John Saul.

Selon monsieur Ebrahimi, l’enquête internationale rend compte d’une situation
tellement catastrophique, qu’il n’y a pas à tergiverser sur les questions de
terminologie, pourcentages et méthodologie. La situation est grave, point. Alors il préfère parler d’analphabétisme plutôt que d’illettrisme ou de littératie, dont la majorité des ours n’a jamais entendu parler.

Cette étude internationale comporte aussi un danger, prévient le chercheur :
culpabiliser les individus. Or le problème n’a rien d’individuel. Il est plutôt le résultat de décisions politiques aliénées à une idéologie, le capitalisme financier, qui confisquent tous les secteurs de la société. Une règle : gagner vite de l’argent, qu’importe comment, et consommer. Selon cet esprit, qui ne s’applique pas de manière aussi brutale dans tous les pays de l’OCDE, l’éducation, la formation et la culture représentent une perte d’argent. Elles sont même détestables, une affaire de loser.

La haine de l’éducation et de la culture

Pour illustrer cette haine, M. Ebrahimi évoque une livraison du très sérieux journal Les affaires s’interrogeant sur l’intérêt de faire des études postsecondaires quand, avec un secondaire V assorti d’une brève formation d’agent immobilier, on peut gagner 200, 000 $ annuellement et mener un gros train de vie. Le journal donnait a contrario l’exemple d’une dame qui, avec une maîtrise, gagnait annuellement un maigre 35 000 $, ne pouvant même pas changer de voiture. Or ce message est relayé par les médias, qui fabriquent des succes stories douteux.

Confondre éducation et formation, rôle de l’État et de l’entreprise

Il est faux de croire, soutient M. Ebrahimi, que la situation est la même dans tous les pays de l’OCDE. « Tous ne se sont pas aliénés au même degré au capitalisme financier, certains choisissent de laisser des secteurs de la société à l’État, notamment l’éducation. Et l’éducation est l’affaire exclusive de l’État démocratique, de la collectivité. Son rôle est de former des citoyens pensants et actifs, tournés davantage vers la solidarité et la coopération. Sa tâche est d’enseigner et de transmettre des savoirs qui transcendent les modes, les générations et, surtout, les besoins de l’entreprise. Ce n’est pas le rôle de l’État, insiste M. Ebrahimi, d’assurer l’employabilité des individus. La formation, en revanche, est l’affaire de l’entreprise privée. Elle vise à former une main-d’œuvre qualifiée, pour répondre à des besoins de compétitivité et de rentabilité. C’est, en conséquence, de son devoir et dans son intérêt de financer la
formation. L’éducation sert bien sûr de tremplin à la formation qui, en retour, assure une qualité de vie aux individus, une qualité de travail à l’entreprise, etc.
»

En Allemagne par exemple, 10 à 14 % du chiffre d’affaire de l’entreprise privée est investi dans la formation, notamment par le biais d’universités d’entreprise. Au Japon, 95 à 98 % des écoles professionnelles sont financées par le secteur privé.
Dans certains secteurs industriels, les employés reçoivent de 10 à 18 heures de formation par semaine. Au Québec en revanche, un des premiers gestes du gouvernement Charest fut d’assouplir la Loi 90 qui force les entreprises à investir un maigre 1 % de leurs bénéfices dans la formation de leurs employés ! Le Québec est un des États de l’OCDE qui investit le moins dans la formation de sa main-d’œuvre. « Au Québec, affirme monsieur Ebrahimi, et je pèse mes mots, on méprise la formation professionnelle. Les entreprises préfèrent envoyer leur chèque au gouvernement plutôt que d’avoir à assumer la formation. Alors quand Lucien Bouchard dit qu’il faut travailler plus, c’est de l’hypocrisie. Dans certains pays, on travaille moins avec de meilleurs salaires et de meilleurs résultats. »

Misère de notre système d’éducation

La politique du déficit zéro du même Lucien Bouchard entraîna d’importantes mises à pied parmi le personnel éducatif spécialisé (psychopédagogue, psychologue, etc.). Or ces derniers sont essentiels dans le système scolaire, car, selon M. Ebrahimi, environ 30 % des élèves subissent un retard à chacun des cycles du primaire, phénomène normal dans tous les systèmes d’éducation. C’est le rôle des spécialistes de repérer et de soutenir les élèves en difficulté d’apprentissage. Dans un système déjà exsangue comme le nôtre, qui n’embauche pas suffisamment d’enseignants depuis des décennies, la mise à pied de ces spécialistes est une tragédie qui équivaut à sacrifier des générations d’enfants !

Le Danemark par exemple, pour un nombre d’élèves équivalent à celui Québec, 1,5 million, embauche 180, 000 enseignants ; le Québec un peu plus de 70, 000. L’État danois encourage les études non seulement par la gratuité scolaire, mais par des bourses d’étude généreuses. Le niveau de scolarisation et de spécialisation du Danemark est un des plus élevés au monde. Pour le secondaire, le Québec a un des plus haut taux de décrochage de tous les pays de l’OCDE. Au cégep, 40 % des étudiants abandonnent avant d’obtenir leur diplôme. Très peu se rendront à l’université. Cette gestion misérabiliste du système d’éducation contribue à la production de l’analphabétisme au Québec. Son sous-financement explique largement ses échecs, son impuissance à procurer aux élèves les ressources pédagogiques essentielles. D’autant plus qu’analphabétisme et pauvreté sont des phénomènes qui vont de pair et qui se transmettent généralement d’une génération à l’autre. Il n’y a que l’éducation publique et un environnement favorable à la lecture et à la
culture, dans ce qu’elles ont de plus noble, pour mettre fin à ce cycle infernal. On sait par exemple qu’un enfant n’ayant pas été initié à la lecture avant même d’entrer à l’école aura moins de facilité pour apprendre.

Les nouvelles formes de l’emprisonnement

Parler de société du savoir et mépriser l’éducation, n’est-ce pas là un double discours de notre société ? « Oui, répond monsieur Ebrahmi, mais sans contradiction.
L’entreprise a besoin de bons employés, mais les former lui coûte cher à court terme. » Et il y a autre chose aussi, de plus fondamental. « Dans une société démocratique, le droit est une valeur première. Dans le capitalisme financier, c’est le besoin la valeur suprême. Et la satisfaction des besoins exerce une pression énorme sur les institutions, qui l’emporte sur le droit et la démocratie. »

C’est dans l’avant-propos de l’ouvrage La mondialisation de l’ignorance qu’on trouve la finalité de cette analyse accablante : « La confiscation de la démocratie, privation de la liberté individuelle, a pris une nouvelle forme à l’ère de la mondialisation économique ; il ne s’agit plus de construire des prisons physiques [...] mais plutôt des prisons intellectuelles soit par un faible niveau d’éducation soit par une éducation très utilitariste qui ne cherche qu’à former de bons techniciens avec très peu de jugement en dehors de leur champ de spécialisation.
Après avoir habitué les populations aux sujets insignifiants dans un système de vedettariat, il devient urgent, pour l’idéologie dominante, de venir gruger dans ce qui reste encore de la pratique démocratique. » (M. Ebrahimi, LMI, p. 25)

Que reste-t-il des pratiques démocratiques quand l’école et la culture sont envahies par l’esprit d’entreprise et de l’entrepreneurship ? Ne vous demandez pas pourquoi les médias ne soulèvent pas le problème de l’analphabétisme ou de l’illettrisme au Québec, pas plus que les universités ou si peu. M. Ebrahimi parle même d’une loi du silence à ce sujet. Alors que dit-elle cette loi du silence et, à travers elle, les analphabètes ? Que les geôliers de l’ignorance l’emportent ?



Gilles MCMILLAN



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Nicolas



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MessageSujet: Re: Québec, France, Suisse   Dim 9 Déc - 22:13

www.latribune.fr/info/Andre-Levy-Lang----universites-et-entreprises---les-vrais-enjeux--~-IDB65EAE9A9E743ACAC12573A0004BB462



Economie

La Tribune.fr - 28/11/07 à 8:55

chronique

André Lévy-Lang : "universités et entreprises : les vrais enjeux"

Pour André Lévy-Lang, professeur associé à Dauphine, ancien président de Paribas, il est vital que l'autonomie des universités prévue par la loi Pécresse devienne une réalité.
Cet article est issu du site La Tribune.fr (www.latribune.fr).


Quelle que soit la suite des mouvements de contestation de la loi Pécresse, il est vital que l'autonomie des universités prévue par cette loi devienne une réalité. La décrépitude d'une partie de notre enseignement supérieur est enfin reconnue.
L'autonomie, qui ouvre la voie à l'émulation (terme à utiliser de préférence à "concurrence", ce mot qui fâche), est le levier qui permettra peut-être à
l'université de se réformer de l'intérieur.

Il est vrai que la réforme votée ne touche pas les vaches sacrées que sont l'absence (théorique) de sélection et la quasi-gratuité des études. Tous ceux qui vivent dans le système savent que cette combinaison de tabous fait de notre enseignement supérieur un des plus inégalitaires du monde, inégalitaire à chacune de ses étapes, du baccalauréat à la sortie du système par l'échec. Jamais autant d'énergie, de talents, de bonnes volontés, celles de la très grande majorité des enseignants et des étudiants, n'ont été gâchés par la lourdeur d'une gouvernance qui utilise mal des moyens par ailleurs insuffisants.

La loi permettra aussi un assouplissement des relations entre l'université et le monde des entreprises. C'est d'ailleurs un des reproches que lui font les agitateurs des coordinations étudiantes. Ils brandissent le spectre d'une mainmise des entreprises sur les programmes, au détriment des missions de l'université. La diabolisation de l'entreprise a la vie dure chez les "intellectuels" français.
Au-delà des réflexes idéologiques, il convient de voir ce que les entreprises, et plus généralement le financement privé, peuvent apporter à l'enseignement supérieur.

La première idée qui vient à l'esprit, notamment du côté des universités, est celle de trouver des moyens financiers supplémentaires. C'est un objectif réaliste, et un certain nombre d'établissements en bénéficient déjà, parfois sous forme de contrats de recherche, plus souvent par des partenariats qui relèvent du mécénat, c'est-à-dire qui laissent à l'université toute liberté de publication des résultats et de choix des sujets de recherche.

Ce type de partenariat a le plus souvent été développé par les grandes écoles, mais aussi par certaines universités dynamiques (par exemple, Dauphine ou Toulouse). Les conditions fiscales du mécénat sont maintenant très favorables : crédit d'impôt de 60% pour l'entreprise dans la limite de 0,5% de son chiffre d'affaires, avec cumul possible sur cinq ans. Une douzaine de chaires d'enseignement et de recherche ont ainsi été montées dans le cadre du pôle de compétitivité "Innovation Finance", à travers la Fondation du risque et l'institut Europlace de finance.

Ces partenariats apportent au monde académique plus que des moyens financiers : un contact avec les spécialistes des entreprises et avec le monde économique qui enrichit leur propre activité. Incidemment, il apporte aussi une ouverture pour les étudiants en cours et en fin d'études.

Il ne faut pas surestimer les montants que peuvent apporter les entreprises.
N'oublions pas qu'aux Etats-Unis les grands donateurs aux universités sont des fondations, parfois créées par des entreprises (en France, AXA vient de suivre cet exemple), mais le plus souvent par les entrepreneurs eux-mêmes, avec leur fortune privée. La France n'a ni les volumes de fortunes privées des Etats-Unis ni surtout leur culture du don. La transmission aux héritiers reste encore le premier emploi prévu pour la fortune française... Mais, même limité, l'apport des entreprises permet une souplesse dans l'emploi des fonds et donne le supplément de flexibilité nécessaire pour, par exemple, retenir en France les meilleurs enseignants et chercheurs.

Il faut revenir sur la critique "idéologique" de la relation
universités-entreprises, et plus généralement universités-argent privé, relation qui limiterait la liberté du monde universitaire, y compris sa liberté de critiquer le système capitaliste, voir de le remettre en question. Sur ce point, paradoxalement, les Etats-Unis donnent l'exemple de l'inverse. Les critiques les plus virulents des défauts du capitalisme américain se trouvent dans les universités américaines, enseignants, chercheurs et étudiants.

Ce paradoxe s'explique par le système de gouvernance des universités américaines. Il est vrai que leurs grands donateurs privés sont fortement représentés dans les conseils qui choisissent le président et décident les orientations stratégiques de l'institution. Mais, publiques ou privées, ces universités sont toutes en concurrence et leurs conseils le savent. Concurrence pour attirer les meilleurs enseignants, les meilleurs chercheurs et les meilleurs étudiants. Enseignants et étudiants choisissent d'abord suivant l'excellence de l'enseignement et de la recherche.

Toute compromission de la liberté académique menacerait cette excellence, donc ces recrutements et, à terme, le financement de l'université. C'est leur système de gouvernance et la concurrence qui ont permis aux universités américaines d'être le principal foyer de contestation des pouvoirs économiques et politiques. C'est une forme de contestation plus efficace que l'occupation des locaux par des minorités hurlantes.

André Lévy-Lang, professeur associé à Dauphine, ancien président de Paribas

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http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=438080

Hautes études: l'Etat lâche-t-il le Sud au nom de «l'excellence»?

Paru le Mardi 27 Novembre 2007

PHILIPPE POIRSON


ENSEIGNEMENT - Hier, le nouvel Institut des hautes études internationales et du développement a été fondé. Inquiétude du côté des «tiers-mondistes» de l'IUED.

Le projet est ambitieux, mais sa réalisation sera-t-elle du goût des principaux intéressés? Hier, tout un panel d'autorités célébraient l'acte de fondation du nouvel Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID), qui compte accueillir à terme 1000 étudiants. La nouvelle entité entend marier dans de «nouvelles synergies» l'Institut des hautes études internationales (HEI) et l'Institut universitaire des études du développement (IUED). Deux institutions qui sont comme chat et chien: la première est traditionnellement conservatrice, la seconde est imprégnée des thèses tiers-mondistes. Plusieurs aspects restent obscurs.
Outre un règlement du personnel fondé sur le mérite, des incertitudes planent
justement sur le maintien de la dimension critique et la démarche pédagogique
originale de l'IUED, alors que l'Etat se désengage de la gestion de l'école.

Flou sur la mise en oeuvre

Conséquence de ce retrait, les taxes de cours ne sont plus contrôlées. Elles passent à 3000 francs à l'année pour les résidents suisses et à 5000 francs pour les non-résidents, au lieu des 1000 francs en vigueur à l'IUED. Bien qu'en augmentation, les subventions de 77 millions de la Confédération et de 55 millions du canton sur quatre ans n'empêchent donc pas la hausse des taxes. La possibilité d'étudier pour les moins riches est ainsi sujette à caution. La composition à 80% étrangère des étudiants est remise en cause. Notamment pour les nombreux Africains qui étudient à l'IUED, à l'origine Institut d'études africaines. Michel Carton, vice-directeur de la nouvelle institution et futur ex-président de l'IUED, insiste sur l'importance
d'une politique de bourses.
Par ailleurs, le flou sur la mise en oeuvre de cette fusion n'a pas été dissipé. Dans un premier temps, les programmes actuels sont reconduits. Quant à la suite...
«Des dynamiques vont s'instaurer entre étudiants et entre enseignants des deux instituts. Les lieux communs comme la bibliothèque vont permettre de s'apprivoiser», explique M. Carton. En forme d'objectifs, les dirigeants invoquent les maîtres mots de «pôle d'excellence» et de «compétitivité» devenus inévitables à propos du «marché en pleine mutation» de l'enseignement. De quoi «permettre à l'institut d'être à la pointe mondiale en la matière», précise Jacques Forster, vice-président de l'IHIED.
Pour sa part, Charles Beer, conseiller d'Etat en charge du Département de
l'instruction publique, précise que l'Etat a expressément demandé à ne pas être représenté dans le Conseil de fondation du nouvel institut. «Cette philosophie de gouvernance m'habite dans la perspective de la réforme de l'Université. L'Etat ne peut pas à la fois vérifier et exécuter», explique-t-il. Néanmoins, le conseiller d'Etat a précisé que le canton compte assurer la liberté académique.
Cela semble aller de soi. Et pourtant, les couloirs de l'IUED bruissent
d'inquiétude. Les enseignants croisés n'étaient pas au courant de la signature de l'acte de fondation. Et aucun n'ose parler à visage découvert. «Un ministre nous a prévenus qu'il ne voulait rien entendre. Je ne peux pas risquer ma place en vous parlant», nous répond un professeur de l'IUED. Le risque est bien là. D'une part, leurs contrats à durée déterminée ne présentent aucune garantie d'être reconduits.
Hier, M. Carton a d'ailleurs annoncé le renouvellement à court terme d'une quinzaine de postes d'enseignants.

Flexibilité

D'autre part, c'est le statut des employés qui est chamboulé. «Notre règlement du personnel est unique en Europe. Il prend en compte les performances pour fixer les rétributions. Il est aussi plus flexible pour attirer les meilleurs professeurs. Et il incite à une meilleure productivité au niveau des publications», précise Philippe Burrin, directeur de l'IHEID.
Performance, salaires au mérite, productivité, autant de notions qui faisaient partie du champ d'investigation traditionnel de l'IUED. «Au début de l'année, Anne-Christine Clottu Vogel, la présidente de l'IUED, m'a demandé un rapport sur 'comment sauver l'esprit critique de l'IUED?', explique Gilbert Rist, professeur de l'institution à la retraite depuis 2004. Avec la co-auteure Marie-Dominique Perrault, nous avons préconisé de sauvegarder les deux axes de l'anthropologie et de l'écologie globale. Depuis que nous l'avons rendu en mars, nous n'avons eu aucune nouvelle.»
Et pour cause, ledit rapport a été soigneusement rangé dans un tiroir.
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