L'université contre la LRU


Forum du mouvement anti LRU de la région tourangelle.


 
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 Coordination Nationale de Nice : Appel

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MessageSujet: Coordination Nationale de Nice : Appel   Lun 10 Déc - 20:28

Le gouvernement répond à notre mouvement par deux moyens : des prétendues « avancées », et la répression. Les annonces du gouvernement ne répondent en rien à nos revendications. La circulaire devant être rédigée pour rétablir un cadre national pour l’intitulé des diplômes ne permettra pas réellement de corriger la désharmonisation du contenu des diplômes qu’a créé la réforme LMD. L’augmentation des bourses de 7,2 % (260 euros /an) et l’accès aux bourses pour 100 000 étudiant(e)s ne résolvent en rien le problème de leur précarité : plus de la moitié des 2 millions d’étudiant.es seront toujours contraint.es de se salarier !

La rédaction d’une circulaire contre la sélection à l’entrée de l’université n’est que de la poudre aux yeux : de nombreuses universités et de nombreuses filières sont déjà sélectives, et ce phénomène est largement encouragé par la loi LRU. Enfin, l’annonce d’une hausse du budget de l’enseignement supérieur de 5 milliards d’euros a toutes les chances d’être un cadeau empoisonné. D’abord parce qu’il n’y a aucune garantie sur l’attribution de ces crédits : ils seront répartis en priorité aux « universités d’élite » et formations professionalisantes, ce qui est un renforcement des inégalités et de la logique de la LRU. Ensuite, parce que l’origine de ces crédits est inacceptable : soit des crédits d’impôts pour les entreprises (c’est-à-dire une réduction du budget de l’État et une forme de financement privé), soit la privatisation de 3 % d’EDF (c’est-à-dire déshabiller un service public pour en habiller un autre...).

Ces annonces ne représentent donc certainement pas des « avancées suffisantes pour arrêter le mouvement », comme le prétendent certains. On peut constater au contraire que notre lutte oblige le gouvernement à faire semblant de répondre à nos préoccupations... de façon superficielle et dérisoire pour l’instant. En amplifiant la lutte, nous pouvons le faire reculer ! Nous nous battrons jusqu’à l’obtention de nos revendications, principalement l’abrogation de la LRU, qui demeure malgré tout dans son intégralité : encouragement du financement privé, contrôle des entreprises- « bailleurs de fonds » sur le contenu des diplômes, pouvoirs exorbitants des président.es d’universités, précarisation des enseignant.es-chercheur/ses et personnels, sélection à l’entrée de l’université, mécanisme poussant à terme à l’augmentation des frais d’inscription...

Derrière les effet d’annonce du gouvernement se développe une répression sans précédent. Fermetures administratives, interventions de la police, de la BAC, des CRS, des gardes mobiles, de vigiles, procès contre les lycéen.nes et étudiant.es mobilisé.es se généralisent. L’objectif de leurs opérations toujours plus violentes est d’intimider et de criminaliser tous ceux et celles qui se mobilisent, pour les isoler et briser le mouvement. Nous exigeons le retrait de toutes les forces de répression qui occupent les universités, ainsi que la démission de tous les président.es d’universités qui y ont fait appel.

Nous entrons dans une nouvelle phase du mouvement : une lutte sur la durée. Le mouvement cherche partout les meilleures formes pour continuer la construction du rapport de force. Notre priorité est de convaincre toujours plus d’étudiant.es de se mobiliser et d’être actif/ves dans le mouvement contre la LRU. Cela passe par des manifestations et actions massives, pour nous faire entendre et montrer notre force. Cela passe aussi par maintenir des cadres pour les étudiant.es mobilisé.es, et des assemblées générales nombreuses, seuls organes souverains et représentatifs du mouvement. Nous appelons l’ensemble de la communauté universitaire (étudiant.es, enseignant.es-chercheur.es, personnels IATOSS...) à mener la lutte à nos côtés.

Nous pensons toujours que le blocage, c’est-à-dire les piquets de grève, est le moyen le plus efficace pour permettre à tou.tes de participer, sans la pression des absences en cours et de la suppression des bourses. Chaque fac doit trouver les modalités de lutte les plus en phase avec la réalité locale. Le mouvement ne s’arrêtera pas.

Nous rappelons que la lutte contre la LRU s’inscrit dans un contexte plus global de casse des services publics et des acquis sociaux. Les résistances se multiplient contre ce projet de régression sociale. Nous manifestons toujours notre soutien à tous les secteurs mobilisés, et appelons donc à poursuivre la convergence des luttes avec : les cheminot.es, les salarié.es d’EDF et GDF, les enseignant.es et lycéen.nes des lycées pro, les jeunes en lutte, les salarié.es de la grande distribution...

Fort.es du succès de la dernière journée nationale de mobilisation du jeudi 6 décembre, nous appelons :

- mardi 11 décembre, à une journée nationale d’action interprofessionnelle, symbolique et groupée ;

- jeudi 13 décembre, à une journée nationale de manifestation pour converger avec l’appel à la grève des salarié.es de la SNCF ;

- samedi 15 décembre, à une journée de manifestation avec actions de débrayages économiques.

La coordination nationale étudiante.


Dernière édition par le Jeu 20 Déc - 14:45, édité 1 fois
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Zdravo



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MessageSujet: Re: Coordination Nationale de Nice : Appel   Lun 10 Déc - 20:52

Désolé mais je suis encore étonné sur certaines points :

"la désharmonisation du contenu des diplômes qu’a créé la réforme LMD"

mais encore ?
La réforme LMD n'a rien désharmonisé. Au contraire, cela a permis de faciliter les échanges européens (et dans une moindre mesure, international). Ce qui était l'un des objectifs de cette réforme. (cf "20 ans d'Erasmus")
Concernant la désharmonisation elle a toujours existé même avant le LMD. Entre un DEUG Biochimie à Reims et un DEUG Biochimie à Tours, il était déjà différent (sans parler en plus du prestige de l'université). Bref, c'est un faux argument. Il est impossible d'avoir un programme identique dans toutes les facultés, car il y a des spécificités régionales (ex : Bordeaux, La Rochelle, Brest pour la biologie marines, etc... Je doute qu'il soit judicieux d'avoir les mêmes modules à Limoges...)

Par contre je suis d'accord que privatiser un peu plus EDF pour financer les étudiants, c'est une incitation à diviser l'opinion publique. Néanmoins on arrive à une limite. L'Etat ne peut donner plus d'argent à la Recherche... même avec une redistribution, on ne gagnerait que quelques millions alors qu'il faut quelques milliards sur le long terme. Comment faire pour récolter des fonds alors ?
- l'UE... Déjà en place, mais 8 milliards d'euros pendant 5 ans à se répartir sur tout les pays européens. Au final, ça ne fait pas grand chose en plus.
- Le privé : système employé par tous les autres pays au Monde (même les pays scandinaves qui sont pourtant réputés pour être très social)

Le financement privé a déjà lieu... et dans les labos c'est même la première source de financement (hormis les labos d'élites qui, eux, aspirent tous le pognon). Y'a-t-il une déviation ? le CAC40 impose-t-il sa vision sur les thématiques de Recherche ? NON !!
Faut arrêter la parano. Ce qui est dangereux dans la LRU, c'est essentiellement la centralisation des pouvoirs pour le président de l'université.

Concernant la sélection. A titre personnel, je préfère l'avoir à la fin de la licence plutôt qu'à la fin du M1 où tu peux te retrouver comme un con, avec ton bac+4... Ou alors à l'entrée de l'université puisque le Bac ne fait plus office de sélection (le 100% de réussites est pour bientôt).
Bref, faudrait plutôt militer pour une réforme du lycéen (encore une) pour obtenir une meilleur orientation, et une vrai valorisation des BEP/CAP/Bac Pro.

Ce n'est pas normal qu'il y est toujours autant d'étudiants en psycho/Lettres/Langues/Carrières sociales alors que tout le monde est au courant que c'est bouché. Tout comme la Recherche dans ses domaines est très peu développé (la majorité s'arrête en Licence, voir Master maintenant... ils passent l'agreg et aspirent à devenir prof' au secondaire), et très mal financé par l'Etat. L'investissement par des entreprises privés seraient un gros plus...
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